Nouvelles 31 août 2026
Nouvelles 23 juin 2026
Le Théâtre du Mitan a présenté au Salon rose le 16 juin dernier La Symphonie des balcons, une pièce interactive qui a permis au public de prendre la parole sur des thèmes variés.
La communauté des Tours Frontenac a eu une occasion toute spéciale de parler d’entraide, de bon voisinage, d’implication dans le milieu de vie et de mieux-vivre ensemble. Ce n’est pas tous les jours que le théâtre s’immisce parmi ses activités, encore moins un théâtre où les spectateurs ont leur mot à dire à propos des défis quotidiens de l’habitation sociale.
« C’est une formule intéressante ! », reconnaît Alain Blanchette, locataire et bénévole très impliqué aux Tours, à propos de la pièce de théâtre-forum. « L’idée, au fond, c’est de passer d’un individualisme à l’esprit communautaire. Ça ne se fait pas tout seul. Ça prend de la volonté. Je pense qu’il faut aussi qu’on y prenne plaisir. »
L’annonce de cette mise en scène participative a justement suscité l’intérêt de la communauté et plusieurs personnes étaient présentes. Des locataires des Tours Frontenac, mais d’autres aussi, provenant d’habitations dans le quartier.

La représentation du 16 juin marquait la 25e et dernière de la tournée printanière du Théâtre du Mitan. Pendant la saison, la troupe a apporté le concept participatif à des milieux d’habitation semblables aux Tours Frontenac – ou encore aux Habitations du Milieu, l’immeuble d’appartements fictif dans lequel se déroule La Symphonie des balcons. Une mise en scène de base, reprise 25 fois, mais avec des parcours différents ! Car dans les portions interactives de la pièce, le public est appelé à intervenir selon ses réalités vécues, ce qui a le potentiel de changer le cours de l’histoire.
« C’est toujours l’interactif le moment le plus fort, parce que c’est là qu’on voit comment les gens répondent à ce qu’on reproduit là, sur la scène, et leurs besoins. On découvre différents milieux et les moyens qu’ils se sont trouvés avec le temps pour mieux vivre ensemble », exprime Sophie Gagnon, une des comédiennes de la pièce. Cette dernière a d’ailleurs été positivement marquée par l’initiative des P’tits Déjs et par le fait que des locataires des Tours Frontenac font des déjeuners aux autres.
« La période interactive, c’est là que la pièce atteint son plein potentiel. C’est un moyen de sensibilisation, un levier. Ce n’est pas un divertissement, même s’il y a beaucoup d’humour. C’est un outil pour aider les milieux à aborder et à travailler des problématiques », explique l’auteur et comédien Jocelyn Vinet, également fondateur du Théâtre du Mitan. « Dans ce cas-ci où l’on aborde le défi du vivre-ensemble, le moment interactif permet aussi de trouver des solutions », ajoute-t-il.
Depuis bientôt 40 ans, le Théâtre du Mitan a pour mission de créer des pièces à vocation sociocommunautaire. Il élabore des thèmes autour d’enjeux récurrents dans nos milieux d’habitation. Les échanges pendant les représentations donnent donc lieu à des apprentissages, à des réalisations et à des prises de conscience, chez les locataires certes, mais au sein des organismes également.
« Ce n’est pas tout le monde qui intervient, mais ce qui est important, c’est que les intervenants aussi entendent et qu’ils captent des réalités qu’ils peuvent se communiquer entre eux. Ça peut les inspirer », soulève M. Vinet. Celui qui se qualifie d’homme à tout faire du Théâtre du Mitan est lui aussi inspiré par les situations apportées par le public, même surpris parfois : « Ce qui est scénarisé, ce sont les scènes qu’on va reprendre. Mais après, qu’est-ce que les gens vont nous dire ? », lance-t-il pour mettre l’emphase sur le caractère imprévu de La Symphonie des balcons. « Ça se personnalise selon l’assemblée, c’est de l’impro », complète sa collègue Sophie.
Les artistes du Théâtre du Mitan ont observé aux Tours Frontenac la présence d’un noyau impliqué. Notre milieu de vie, soutenu par le service de développement social, regorge d’opportunités pour resserrer le tissu social et briser l’isolement. Toutefois, ici comme partout ailleurs, une problématique se démarque, celle du faible pourcentage de personnes qui s’impliquent dans les activités.
« La proportion, c’était un défi partout. Nous, on le voit dans le cadre de la diffusion de la pièce… c’est gratuit, mais entre le nombre de personnes qui y assistent vraiment et la proportion qui vit dans ces habitations… on est dans le 10 % », relate M. Vinet. « Les personnes qui sont là, ce sont souvent celles qui sont ouvertes à s’impliquer, à faire bouger les choses », témoigne quant à elle Mme Gagnon. « On pourrait en parler longtemps, mais je pense qu’il y a un climat social de passivité… », partage Jocelyn.
Photo : G3P
La Symphonie des balcons du Théâtre du Mitan est une initiative du Regroupement des organismes aînés des Faubourgs (ROAF). Quelques ressources locales et institutions solidaires de l’amélioration des conditions de vie des personnes vieillissantes étaient sur place pour offrir de l’information et tisser de nouveaux liens.
La policière communautaire Marie-Claude Larocque, rattachée au poste de quartier des Tours Frontenac, a notamment sensibilisé le public à des situations de maltraitance et aux actions à poser pour y remédier. Elle distribuait le ruban mauve du 15 juin, Journée mondiale de lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées, ainsi que le numéro de la ligne téléphonique Aide Maltraitance Adultes Aînés.
Photo : G3P